Jusqu'à ce jour là, j'étais pleinement heureuse. Edward faisait partie de ma vie depuis 2 ans maintenant et ma banale vie d'adolescente était bien loin à présent. J'étais "presque" une femme, j'allais avoir 19 ans.
Je m'étais reconstruite à Forks. Fini les moqueries, les insultes. Cela beaucoup aidé à reprendre confiance en moi et au fur et à mesure du temps, j'avais réussi à me sentir bien. La vie était beaucoup plus simple . Aller au lycée n'était plus un calvaire et j'y avais même rencontré l'homme qui un an plus tard était devenu mon fiancé. Mon monde à présent était tout à fait différent. J'étais entourée de vampires qui était devenu ma nouvelle famille. J'aimais Edward du plus profond de mon c½ur et chose que je pensais improbable avant, il m'aimait aussi et d'une façon que je n'avais jamais pensé possible. Il y avait eu cependant cette période horrible dont je ne parlais jamais où il m'avait laissé et où j'avais cru que le monde s'effondrait mais il était revenu et son amour m'avait fait oublié ce passage de ma vie.
La vie était belle près de lui. Notre amour était fort. Enfin, c'est-ce que je pensais jusqu'à ce qu'il me quitte définitivement en cette chaude journée de juin.
Le départ
Nous venions de terminer notre journée au lycée. Journée ordinaire. Les vacances de fin d'année approchaient à grand pas. Tous les étudiants trépignaient d'impatience à l'idée de finir les cours. En ce qui me concernait, l'ambiance survoltée m'indifférait. C'était ma dernière année. En tant normal, j'aurais été excitée à l'idée d'enfin clôturer cette page de ma vie, à l'idée de choisir une université. L'université du Dakota du Nord? Une autre plus prestigieuse? Mais, je n'avais pas eu à me poser ces questions puisque dans quelques semaines devait avoir lui ma transformation. J'allais devenir un vampire. Je devais avouer que l' échéance approchant, je commençais à réaliser ce que j'allais perdre. Tous ces petits riens qui étaient tout de même importants dans une vie. Sentir mon c½ur battre à tout rompre au contact d'Edward par exemple, manger un excellent gâteau au chocolat, sentir ma peau tiède sous mes doigts et même rougir me manquerait. Plus rien ne serait pareil.Sans parler des choses plus importantes telle que devenir une "vraie"femme, avoir des enfants . Je ne serais jamais mère et même si je ne l'avais jamais envisagé auparavant, je ne pourrais plus. J'avais pensé à ma famille aussi. Comment vivrais donc mon père sans moi? Incapable de se faire à manger... Je ne préférais pas penser à ma mère si insouciante. Leurs c½urs seraient brisés de me perdre si jeune...
Seulement, une chose contrebalançait aisément tout cela. Edward et l'idée d'être à ses cotés pour l'éternité. Les choses ne pouvaient être autrement.
Comme tous les jours, Edward m'attendait près de sa voiture. Depuis des mois, Il ne dérogeait pas à cette habitude sauf lors de ses parties de chasse. Je m'étonnais toujours 2 ans après qu'un être aussi parfait puisse m'aimer moi, simple petite mortelle qui plus est maladroite.
A sa vision, mon c½ur s'accéléra. Tout chez lui était parfait. Ses yeux, sa bouche, sa peau, son odeur. Je l'aimais. Plus: j'en étais totalement amoureuse. Il m'avait dit un jour que j'étais sa drogue et bien, c'était la même chose pour moi, une drogue forte et puissante. Un besoin constant de l'avoir près de moi.
En le voyant me dévisager tandis que j'avançais vers lui, je rougis .Ce comportement qui le faisait d'habitude rire le mis mal à l'aise. Je compris alors que quelque chose n'allait pas. Mais quoi?
Je n'arrivais pas bien à déchiffrer son attitude. Il semblait triste. Non, en fait, son regard était froid. Mon sang ne fit qu'un tour. Je connaissais cette réaction. Je l'avais vécu une fois auparavant. La tête me tourna. Je me forçais à respirer profondément et continuer à pas lent vers la voiture.
- « Edward, ll y a un problème? » Lui demandais-je l'air inquiet.
- « Je dois te parler Bella » Me dit-il d'un ton que je lui reconnu à peine. Froid. Sans aucun attachement.
Sa voix était ferme, emplie d'un mélange de remords et de tristesse . Cela ne me disait rien qui ne vaille. Je sentais que les nouvelles n'allaient pas être bonnes.J'allais devenir folle s'il ne me disait pas dans la seconde de quoi il retournait.
- « Dis-moi ce qu'il y a maintenant! Tu me fais peur, bon sang! »
Sans s'approcher de moi comme il le faisait d'ordinaire quand nous nous retrouvions, il me dit froidement :
-« Pas maintenant. Monte dans la voiture. Je t'expliquerais quand nous serons chez toi. »
J'allais protester quand je vis son regard dur, n'acceptant aucune discussion ni compromis. A la vitesse de l'éclair, il m'ouvrit la portière et après lui avoir lancé un regard inquiet, je m'engouffrais dans la Volvo.
Le chemin se fit en silence. Edward était concentré sur le volant et roulait à vive allure tandis que moi, je contemplais le paysage à travers la fenêtre. Je ne voulais pas le regarder sachant que ce que j'allais voir ne me plairait pas. Je sentais les larmes au bord de mes yeux mais je ne devais pas pleurer. Il n'y avait rien de grave après tout. Enfin, pas pour le moment.
Qu'avait-il donc de si important à me dire?
Nous arrivions devant chez moi en à peine quelques minutes qui m'avaient pourtant semblées une éternité.
Il me demanda s'il pouvait rentrer. J'acquiesçais tout en évitant son regard. Je voulais m'en aller, fuir pour ne pas entendre ce qu'il allait me révéler.
Je tirais la chaise de la table de la cuisine et m'assit dessus lourdement. Il fit de même et se plaça en face de moi. Le silence s'installa entre nous. Un silence bien trop pesant. Je devais savoir.
-« Dis moi, Edward!Maintenant! » Ma voie était devenu suppliante.
-« Bella, nous allons partir.»
-« Et nous allons où? » lui-dis-je stupéfaite. Le départ n'était pas au programme avant quelques mois.
-« Pas « on », Bella. Nous. » Me dit-il sans me regarder.
Je tombais des nues. Mes yeux s' écarquillèrent. Je portais mon regard vers lui et le regardait comme si je n'avais pas compris ce qu'il venait de me dire mais au contraire, je n'avais que trop bien compris. Il me quittait. encore une fois.Le cauchemar se répetait.
-« Mais pourquoi? J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas? Tu ne peux pas partir! Je t'aime. Il est hors de question que tu t'en aille. Pas encore une fois» "Tu me l'avais promis" lui dis-je dans un souffle.
Ma remarque lui fit faire une lègere grimace mais il se reprit parfaitement la seconde d'après.
-« Ma décision est irrévocable, Bella. Tu n'es pas coupable. Ne te reproche rien. Tu es parfaite. Tu seras heureuse sans moi. La vie reprendra son cours. Ce sera comme si je n'avais jamais existé. N'essaye pas de nous retrouver. Nous allons partir loin. Je veux que tu prennes soin de toi. Ça n'aurait jamais été possible nous deux. » m'avoua Edward d'une voix calme et lente.
Il déposa une enveloppe sur la table devant moi et se leva gracieusement .
Les mots prononcés par Edward n'avaient aucun sens. Je ne les comprenais pas. Ce n'était pas possible. Les larmes coulaient à présent sur mes joues comme si mon c½ur avait compris ce qui se passait alors que ma tête refusait obstinément d'encaisser la nouvelle.
Il s'approcha de moi et m'embrassa sur le front. Nos regards se croisèrent durant quelques trop brèves secondes. Je ne voyais rien dans ses yeux. Aucune émotion. Rien. C'était comme si je ne connaissais pas l'homme en face de moi.
Sans un mot, il sortit à la vitesse de l'éclair de la maison. J'entendis le bruit de sa voiture puis le calme absolu.
J'étais toujours assise sur la chaise. Tout ça ne pouvait être possible. Je devais faire un de ces cauchemars. Je me pinçais pour confirmer ce que j'espérais de toutes mes forces. Je me pinçais si fort que je poussais un cri de douleur. De toute évidence, je n'étais pas endormie.
Je me levais de la chaise précipitamment. Une vieille douleur que je ne connaissais que trop bien venait d'envahir ma poitrine. J'avais mal. Les violents sanglots que je ressentais me donnait l'impression que j'allais m'etouffer. Je ne pouvais plus respirer. Il me manquait de l'air. Je ne voyais plus rien. Mes jambes ne me supportaient plus et je m'écroulais sur le sol m'enfonçant dans un profond brouillard.